La pneumologue, l’avocat, le député : ceux sans qui le scandale Mediator n’aurait (peut-être) jamais éclaté

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Si la pneumologue Irène Frachon est devenue la figure de proue du combat contre les laboratoires Servier et l’inaction des autorités sanitaires, d’autres ont – parfois dans l’ombre – permis à l’affaire d’être révélée au grand public.

L’avocat : Charles Joseph-Oudin

Fils, petit-fils, arrière-petit fils de médecins, Charles Joseph Oudin n’a jamais songé à embrasser une carrière qui aurait pu sembler toute tracée. À la place, il choisit le droit des affaires, “sans trop savoir pourquoi”“J’aurais sans doute fait tout autre chose si je n’avais pas rencontré Irène Frachon”.  

Il a 27 ans quand l’affaire Médiator lui tombe dessus. Le jeune avocat n’a même pas encore prêté serment, quand sa tante Catherine Hill lui parle d’Irène Frachon, et lui suggère de prendre contact avec la médecin brestoise. “Le courant passe”, se souvient-il. Et le combat commence. Les victimes potentielles du Mediator se mettent à l’appeler.

“À l’époque je travaillais seul, chez ma mère, dans un bureau qu’elle m’avait prêté. J’ai dû embaucher mon cousin pour faire standardiste et répondre au téléphone.”

Charles Jospeh-Oudin dépose la première plainte contre X dans cette affaire, en 2010. Il est aussi, avec François Honnorat, à l’origine de la citation directe déposée en 2011 contre le groupe pharmaceutique. Un procès s’ouvrira à Nanterre, avant d’être reporté. “On aura eu tout de même la satisfaction d’avoir Jacques Servier pendant 15 jours sur le banc des prévenus”, insiste l’avocat. Le fondateur du groupe pharmaceutique est mort en avril 2014. 

L'avocat Charles Joseph-Oudin face à la presse, en 2011.
L’avocat Charles Joseph-Oudin face à la presse, en 2011. © Radio France / PHOTOPQR/LE PARISIEN

Pour mieux comprendre les dommages provoqués par le médicament, Charles Joseph-Oudin assiste à des opérations de chirurgie à cœur ouvert, à des IRM cardiaques. Dans le procès qui s’ouvre ce lundi à Paris, il représente quelque 250 victimes, mais est persuadé que beaucoup ne se sont à ce jour jamais signalées. “Il n’est pas trop tard pour entamer des poursuites”, martèle-t-il.